Mes creations

Verveine et l’Equinoxe d’Automne : la genèse

Se lancer dans un livre est une aventure, autant créative, qu’humaine ! Il nous tenait à cœur avec Hélène de vous partager le processus et nos ressentis respectifs durant ce travail de longue haleine. Retrouvez l’article d’Hélène du point de vue écriture ici

Comment l’idée s’est imposée ?

Avoir un livre avec mon nom dessus, j’en ai toujours rêvé aussi longtemps que je m’en souvienne ! Mais je pensais que ce serait en tant qu’auteur et non illustratrice. L’écriture est une autre de mes passions mais sur laquelle je n’ai pas pris le temps de progresser et de m’affirmer. C’est finalement l’illustration qui a pris le dessus sans prévenir et ça me conviens parfaitement bien.

Etant une grande lectrice et trèèès grande fan de l’automne, l’an dernier je suis partie en quête de livres sur ce thème et tout le folklore qui l’entoure. Mais je ne trouvais pas mon bonheur : soit c’était des livres avec des illustrations en noir et blanc (Amelia FangHôtel Heartwood), soit des livres vraiment pour enfants où la forme était superbe (je pense à La famille souris ou à Mortina) mais le fond trop léger ou de vrais gros romans young adult (Livre perdu des sortilèges, Les sorcières du clan du nord). Moi je cherchais un mélange de tout ça 😀 Je me suis dis à ce moment-là « il faut que je sorte mon livre ! ».

Le bon moment

 Je ne voulais pas le faire seule et cela faisait longtemps que je cherchais un projet qui pourrait nous réunir avec Hélène. Je lui ai donc proposé et elle a accepté avec enthousiasme. Elle me semblait la personne idéale : on est très liées sur instagram depuis des années, on a le même humour, elle a de l’expérience dans l’écriture, elle est à la fois rassurante et professionnelle.  J’avais déjà lu un de ses roman que j’avais d’ailleurs chroniqué (article ici) donc je savais que j’aimais son style. Restais à savoir si nous allions arriver à mener ce projet ensemble et à le concilier avec nos deux boulots à temps plein respectifs.

Entre temps j’ai déménagé, accueilli Ollie, me suis familiarisée avec mon rôle de belle-mère et ai mis en stand by la peinture.

Ce n’est qu’a la fin du printemps que j’ai senti que c’était le moment, après la lecture du livre Comme par Magie qui m’a redonné mon élan créatif ! J’en ai reparlé à Hélène qui était toujours super motivée et on s’est lancées. Nous allions créer notre livre !

S'organiser

Trouver la méthode de travail adéquate a été notre premier challenge. Devait-tout décider ensemble ? Ou chacune sa partie dans son coin ? Mais si ça ne plaît pas à l’autre ? Comment se montrer nos avancements alors qu’on habite chacune à un bout de la France ? Quel moyen de communication privilégier ?

On a tâtonné au début, on a testé et on a fini par trouver notre rythme de croisière. On s’est mis d’accord globalement sur l’histoire : qui serait l’héroïne, son problème, son familier, les prénoms, …  et ensuite Hélène écrivait des bouts qu’elle me soumettait. Je lui disais si j’aimais, si je voyais des incohérences et surtout si des images me venaient. Mais ça me convenait tel quel quasiment tout le temps 😀  On décidait ensemble en fonction de nos échanges quelles illustrations j’allais représenter et quelle place elles allaient prendre sur la page (page entière, moitié, bas…) pour que je puisse dessiner à l’échelle.

Notre règle était que chacune avait quand même le dernier mot sur sa partie en tant qu’experte dans son domaine mais tout pouvait se discuter et s’argumenter. On a rarement eu des désaccords même si parfois nous n’étions pas en phase sur certaines petites choses.  

Hélène est quelqu’un de perfectionniste, l’expérience sûrement, et elle m’a beaucoup poussée pour que je me surpasse si mes dessins étaient incorrects (proportions, incohérences…), ça m’a fait beaucoup progresser. Je lui soumettais le croquis (modifiable) et une fois que c’était ok je passais à la peinture. Mon quotidien durant 4 mois a été de m’y  consacrer tous les soirs et les weekends (j’ai essayé, quand même, de garder des créneaux pour ma vie sociale et familiale. On a beaucoup échangé en parallèle sur les avancements, parfois on s’appelait quand cela demandait de plus longs débats.

Peinture et dessin

Une fois l’excitation du lancement passée, je me suis mise à pas mal douter de mes capacités à arriver à représenter tout ce qu’on souhaitait pour le livre. Allais-je arriver à représenter des « humains » (J’en peins finalement rarement), des décors entiers ? des animaux en mouvement ? Je crois que mes plus grosses difficultés ont été de dessiner les mains et les visages (et notamment les yeux). Il faut vraiment que je progresse techniquement sur ces points-là. Plutôt que de me bloquer j’ai dû accepter l’imperfection pour continuer d’avancer. L’ampleur de travail m’a obligé à lâcher prise : « oui cette main n’est pas parfaite, mais à l’échelle du dessin ce n’est pas grave, on comprend quand même ». Ce n’est pas facile pour une perfectionniste comme moi mais il fallait rester focus sur le travail au global si on voulait y arriver.

Niveau « productivité » j’ai pris confiance et ai travaillé de plus en plus vite et efficacement. Certaines semaines je suis arrivée à sortir une dizaine d’illustrations sans pour autant en négliger la qualité. Mais en moyenne c’était plutôt 3 ou 4 suivant leur taille. Je suis plutôt fière de moi à ce niveau-là.

Tester l'impression et la mise en page

Fin juin, Hélène en était à la moitié de la rédaction, moi au tiers du travail à accomplir, on s’est dit qu’il fallait absolument faire un test d’impression avec notre imprimeur. Donc il a fallu choisir les papiers pour la couverture, l’intérieur et SURTOUT faire la mise en page !

Nous n’avions jamais fait ça ni l’une ni l’autre. Etant plus familière qu’Hélène sur les logiciels graphiques (je travaille dans le webmarketing), j’ai naturellement pris en charge cette partie mais j’ai dû me former au logiciel In Design. Une amie est venue me faire une formation de quelques heures avec les bases pour que je puisse me débrouiller seule derrière.

Cette partie de la création d’un livre est la plus complexe ! Il a fallu trancher sur beaucoup de choses essentielles à la réussite du produit fini : la taille des marges, la police, les caractères, tenir compte des contraintes d’impression (les fonds perdus, les marques de coupes…) et régler tellement de petits soucis techniques. J’ai dû tester plusieurs scanners pour mes dessins, les détourer, les retoucher (car le scan enlevait de l’intensité), c’était long et minutieux mais c’est là que le livre prend vie !

Le livre test est arrivé pendant mes vacances et il nous a permis de trancher sur pas mal de choses : on s’est dit qu’il nous fallait une couverture digne de ce nom, que nos choix de papiers étaient bons, pas nos tailles de marges, que scanner mes peintures d’une certaine façon rendait mieux que d’autres et nous avons dû faire le deuil d’une couverture rigide, qui n’étais vraiment pas dans notre budget.

Doutes et travail de longue haleine

Se lancer dans un projet comme ça demande de l’énergie constante. Il y eu des périodes où j’ai douté de mes capacités en illustration mais aussi de mon aptitude à tenir la distance. J’ai dû peindre en tout une cinquantaine d’illustrations. Il faut arriver à chaque fois à avoir les idées (ça c’était facile) mais aussi à les représenter. On n’arrive pas toujours au résultat que l’on veut. Il y a des jours sans. J’ai dû en refaire certaines alors que j’avais déjà passé deux soirées dessus.

J’ai aussi eu plusieurs périodes de découragement et de stress face à l’ampleur du travail à fournir aussi bien pour les illustrations, la mise en page et les « à côtés » (blog, cartes de visite, marque page…). Les trois dernières semaines ont été les pires et j’avais du mal à gérer mon temps entre ma vie pro/perso et le livre.

Dans ces moments-là j’ai pu compter sur le soutien d’Hélène, qui réussissait à me faire prendre le recul nécessaire et m’adapter pour me rebooster. Mes proches ont été d’un soutien sans faille, ont cru en moi et ont eu les mots justes quand je perdais un peu foi en mes capacités et particulièrement mon chéri.  Je n’ai jamais eu envie de laisser tomber le projet, par contre j’avais besoin de faire des pauses (faire d’autres illustrations pour d’autres projets par exemple ou carrément ne pas toucher un pinceau du weekend) mais je culpabilisais beaucoup dans ces cas-là de ne pas m’y consacrer. Il y a un vrai travail mental à faire sur un tel projet si l’on veut tenir jusqu’au bout. On pourrait faire le parallèle avec un marathon.

Apprentissage numérique

 L’illustration numérique s’est vite imposée pour la couverture. Il fallait que les couleurs ressortent bien, ce qui n’est pas toujours le cas si on scanne de l’aquarelle et surtout le caractère définitif de la peinture traditionnelle fait qu’on ne peut pas revenir dessus. Or pour une couverture, on a envie sans cesse de changer çi ou ça, ça représente tout le travail qu’il y a à l’intérieur !

Jusqu’à cet été, je m’amusais plus qu’autre chose sur Procreate (sur iPad pro), je n’avais jamais fait de projet concret dont le but était d’être imprimé, c’était donc un nouveau challenge qui se présentait à moi !

Et ce fut une révélation, je me suis éclatée comme une folle à faire la couverture en numérique ! Bon ce n’est pas parfait, car j’ai encore une marge de progression énorme dans ce medium mais un nouveau monde s’ouvre à moi ! Vivement que j’ai le temps de m’y remettre pour progresser encore 

Dépassement de soi

Sortir ce livre m’a forcé à sortir de ma zone de confort créative mais aussi de mes habitudes. J’ai dû relever tellement de défis en peu de temps ! Nous n’avions pas le choix si nous voulions y arriver !

Ce projet plus que tout autre m’a conforté dans l’idée que quand on veut on peut, il suffit de s’y mettre ! Et c’est le cas pour tous les projets créatifs que j’ai mené jusqu’à aujourd’hui.

Il ne faut pas hésiter à demander à des proches ou collègues qui maîtrisent certaines choses de nous montrer, en plus ça permet de développer de nouvelles compétences donc c’est top !

Comment les vendre ?

Après de longues réflexions sur notre logistique, on a convenu ensemble qu’il serait plus simple de centraliser les ventes en un seul endroit, en l’occurrence mon blog. N’ayant plus de plateforme de vente (Tictail à fermé et Etsy taxe bcp les créateurs) j’ai dû transformer mon blog en rajoutant une partie e-commerce.

Encore un défi a relever pour lequel je me suis fait un peu aider mais je suis tellement contente du résultat ! Par contre il fallait mener ça de front avec le reste.

 Il a aussi fallu voir comment on allait « logistiquement » s’organiser. Qui allait faire les envois ? Est-ce qu’on rajoute des goodies au livre, comment on emballer. Si on rajoute des goodies (carte, marque page…) les faire imprimer. Bref encore plein de détails importants. On a convenu, comme je m’étais chargée de la mise en page qu’Hélène gérerai les envois. Cela nous paraissait important de répartir la charge de travail le plus équitablement possible pour ce projet commun.

Et si ça ne plaît pas ?

Ces doutes là je les aient forcément…  mais j’ai foi en notre projet. J’aurai pris tellement de plaisir à le faire, ça m’aura tellement apporté et fait progresser dans plusieurs domaines que ça en valait la peine quoiqu’il arrive !

Le but de cet article était de vous faire partager toute la genèse de ce projet de longue haleine pour vous montrer que tout est possible malgré les épreuves sur le chemin !

J’espère qu’il vous a intéressé. Merci de m’avoir lue jusqu’au bout…Si vous avez des questions sur tout cela, n’hésitez pas à les poser, j’y répondrais en commentaire.

Vous avez aussi un projet ?

 

 

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